Imbéciles heureux…
Georges Brassens le chantait déjà en 1972, la vie serait plus agréable à vivre si elle était débarrassée des imbéciles heureux qui sont nés quelque part. L’actualité vient encore de nous le prouver : à cause du lobby de ces autruches, les nouvelles plaques d’immatriculation porteront donc un numéro de département ! Voilà bien quelque chose d’incongru autant qu’idiot.
Incongru car les départements sont voués à disparaître. Au regard de l’histoire de France (disons les 2000 dernières années), les départements sont une création récente, ils ont à peine plus de 200 ans. De plus, il ne faut pas oublier le double objectif de leur création : le maintien de l’ordre et la déstructuration de l’Ancien Régime : en établissant une nouvelle division administrative, les législateurs révolutionnaires souhaitaient pouvoir d’une part maintenir l’ordre et d’autre part faire oublier aux citoyens les anciennes Provinces.
Aujourd’hui, la France aurait intérêt à les supprimer et à ne pas les remplacer, ces foutus départements : les communes et les Régions, c’est bien suffisant. On pourrait même faire des régions autonomes et transfrontalières : la Flandres, Le Pays Basque, la Catalogne sont autant d’exemples qui permettraient de mettre en avant des pôles européens sous la gouvernance directe de Bruxelles, avec une représentation au parlement européen. Au lieu de nous bassiner avec des constructions absconses, voilà des projets ambitieux pour l’Union Européenne. Ce que nous devons faire, c’est rester dans l’esprit révolutionnaire et déstructurer une fois encore des constructions archaïques pour nous tourner vers l’avenir avec confiance.
Incongru car cela dénote que l’esprit de clocher n’est pas mort et que les 221 imbéciles heureux qui appartiennent au collectif de défense des départements sont plus attachés à leur petit confort électoral qu’à l’avenir de leur pays. Pas étonnant quand on sait qu’une grande majorité de ces réactionnaires représentent la France bouseuse, celle des petits villages tassés autour de l’église et du boeuf miroton… celle qui regarde l’avenir dans un rétroviseur.
De plus cette décision est idiote car elle va à l’encontre des réalités de la vie d’aujourd’hui. La vie économique d’abord. Les plaques seront attribuées aux véhicules et donc ne changeront pas. Je ris déjà à l’idée d’acheter une voiture d’occasion. En effet, les concessionnaires échangeant souvent les VO, il n’est pas rare de voir une occasion originaire d’Obernai vendue à Morlaix… et voilà un Breton affublé d’une plaque alsacienne. Amusant, n’est-ce pas ? Un cas est connu : la fameuse usine à VO de Citroën (la concession Félix Faure, sise dans le 15eme arrondissement de Paris) alimente la France entière en VO… et les campagnes seront donc couvertes de belles plaques 75 ! Et alors là, j’attends de voir la réaction des culs terreux de Saint Loup sur Semouse (70) quand ils verront arriver le gros Marcel dans une auto d’occasion immatriculée 75 ou 92. Rien qu’à l’idée des ragots que cela ne manquera pas de provoquer, je me marre déjà.
Je ne parle même pas de ce marseillais qui, par malchance, aura une belle plaque 75. Chauvinisme oblige, je suis certain que certains bas du front fosséens ne manqueront pas lui rappeler leurs rancoeurs à grands coups de batte de base-ball dans le pare-brise.
Idiot parce qu’en 2008 la mobilité géographique est une réalité : il est loin le temps où on naissait dans un village, on y grandissait, on s’y mariait et on y mourrait. Le phénomène est monnaie courante chez les étudiants qui, aidés par la réforme universitaire, passent leur bac à La Flèche (72), leur licence à Bordeaux (33) et leur Master à Lille (59), sans compter les échanges et autres programmes Erasmus… tout ça pour s’installer à Rennes puis déménager à Montpellier et que sais-je encore. Alors, quel numéro de département feront-ils apposer sur leur plaque ?
Idiot car cela va me poser un grand problème : si j’achète une auto en 2009, quel numéro vais-je y faire apposer ? 75, le département où j’habite aujourd’hui ? 49 le département où j’ai grandi ? 28, le département où je suis né ? 56, le département que je trouve joli ? Il serait tellement plus simple de ne rien mettre.
Ceci dit, il y a encore des raisons d’espérer : sur les 920 représentants des deux chambres, les membre du collectif passéiste et réactionnaire ne sont qu’une minorité de 221. Avec un peu de chance, un amendement supprimera l’obligation de référence au département. Et notre pays pourra se tourner vers l’avenir.

Et aux pays de disparaitre
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Je suis farouchement oposé à une mixité culturelle trop importante, pour moi on se dirige de plus en plus vers une culture aseptisée ! Si on laisse faire tout ça, bientôt on aura 4 ou 5 pays dans le monde, 2 langues (l’anglais et le chinois).
Il y aura l’amérique, l’asie, l’europe et l’afrique
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Tout ça me fait très peur ! Je ne suis pas contre l’évolution, j’adore les nouvelles technologies, j’ai 2 Macs, internet, ça fait 8 ans que j’ai un téléphone portable, et je passe tout mon temps libre à geeker !
Seulement j’ai envie que plus tard je puis amener mes petits enfants au marché hebdomadaire de mon petit village, qu’ils entend parler les anciens, j’ai envie qu’ils voient vraiment ce qu’est là vie ! D’où viennent nos expressions, d’où vienne notre nourriture, d’où JE viens et d’où ils viennent eux aussi !
Je regrette déjà beaucoup de ne pas savoir parler bigourdan, et plus généralement le gascon ou l’occitan, j’espère que plus tard j’aurai pas à me battre pour que le français perdure
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Quand je regarde le titre de ton blog, le goût de l’avenir, et que je lis tes articles, c’est un goût bien amer qui me vient à la bouche
#8230; Évoluer ne veut pas dire faire table rase de toute notre culture.
Tu n’as peut-être pas de racine, mais ça veut pas dire qu’il faut supprimer celles des autres !
C’est marrant ça : tu as peur de l’avenir quand je le regarde avec confiance. C’est sans doute du à une différence dans nos deux conceptions de l’identité. On dirait que pour toi, l’identité veut dire
#8220;d’où je viens” alors que pour moi, l’identité c’est
#8220;où je veux aller”. En gros je pense que j’ai mon identité
#8220;devant moi” : je serai ce que je veux devenir. C’est en cela que j’ai le goût de l’avenir.
Cela ne veut pas dire que je renie le passé ou la culture, au contraire, je passe beaucoup de temps à chercher et à comprendre le
#8220;pourquoi” des choses. Mais cela me permet aussi de faire table rase, et de le faire en conscience. C’est parfois nécessaire pour construire en regardant l’avenir. Si les révolutionnaires n’avaient pas fait table rase du passé, jamais ils n’auraient créé les départements ! ! !
Si j’étais à ta place, je profiterais de ma jeunesse pour chercher des stages ou des échanges très loin des Hautes Pyrénées : en Alsace ou en Bretagne, voire en Allemagne ou en Irlande. Vivre 6 mois (ou un an ou plus d’ailleurs) dans un lieu qu’on ne connaît pas permet d’expérimenter ce que tu appelles la
#8220;mixité culturelle” et tu verras que c’est une grande richesse.
Tu vois, il y a une institution de la République que je regrette, c’est le service militaire ! C’est vrai que c’était parfois abêtissant, mais les hasards de l’affectation permettaient aux conscrits de partir loin de chez eux, de rencontrer des gens différents et finalement de s’apercevoir que la richesse est dans la différence. Puisque tu ne le fais pas ce service (moi j’ai passé un an en Allemagne, avec des français de partout et aussi des belges, des allemands, des américains), profite-en pour voyager.
Les voyages forment la jeunesse, dit-on… d’ailleurs il m’arrive encore de voyager, de rencontrer des gens différents de moi et de m’enrichir à leur contact.
Les racines, c’est comme tout, il faut parfois les oublier : oublier d’où on vient, cela permet de se concentrer sur une autre question : où veux-tu aller ? Plus tu auras découvert le monde, meilleure sera ta réponse à cette question.
F
J’aurai pu partir en Angleterre, en Italie, en Allemange, en Espagne ou au Dannemark pour m’on prochain semestre
#8230;
J’ai longtemps hésité (à partir au Danemark, les autres pays ne me disaient rien), mais finalement je ne suis pas parti pour plusieurs raisons diverses et variées.
Tu as peut-être raison, je suis trop enrassiné dans mon pays
#8230; et il est certain que pour moi mon identitée est très liée à
#8220;là d’où je viens”. On verra bien où cela me mènera !