Ces métiers qui disparaissent
Depuis que j’habite mon quartier, il y a, pas très loin, une boulangerie. Longtemps tenue par un boulanger et son épouse, la boutique ouvrait à 06h30 et fermait à 20h00. Le dimanche, on y achetait les gâteaux après la messe… bref, c’était l’archétype du petit commerce de proximité. La baguette coûtait 3 francs et tout le monde était content.
Seulement, depuis quelques temps, le boulanger a changé…. et les bonnes habitudes avec lui ! Le premier signe avant-coureur a concerné la gamme de sandwiches : finis les jambons-beurre et les rosbif-crudités. Tout cela a été remplacé par des poulet-curry, des saumon-crudités en pain suédois et autres créations modernes. Naturellement les prix ont connu une légère augmentation.
Puis, tout est allé très vite : la boutique ferme maintenant à 19h30, le samedi après-midi et le dimanche (et zou, privé de croissants, le François), le prix de la baguette est de…1,10 EUR (non, vous ne rêvez pas : ça fait bien 7,20 FRF !) et… le boulanger roule maintenant dans un Porsche Cayenne flambant neuf.
Je veux bien que le métier de boulanger soit dur et je veux bien qu’on cherche à développer ses marges… mais là trop c’est trop : des prix pareils, c’est pousse-au-crime… j’achète maintenant mon pain au supermarché : c’est ouvert le soir et le dimanche et ça reste dans des prix acceptables.
Les boulangers peuvent toujours pleurnicher, s’ils prennent les clients pour des imbéciles, ils vont les éloigner de leurs boutiques, et pour longtemps.
Les boulangers ne disparaissent pas, ils se suicident !
Allez, ne restons pas sur une notre triste : voici un sketch de Chevallier et Laspalès.
